L’Unique

Avant la fondation de l’Empire, l’Unique était prié dans toute la Tannissie mais était un culte de faible importance comparé aux autres. Il n’y avait aucune organisation, ni structure hiérarchique, le culte de l’Unique étant prié au sein d’une multitude de congrégations et de paroisses chacune ayant ses statuts. Il était surtout prié dans la noblesse du nord du continent jusqu’à ce que Yougonoul, seigneur d’Altérak, fonde l’Empire et en fasse une religion d’Etat sans interdire les autres cultes. Petit à petit, ce culte se développa jusqu’à devenir la religion majoritaire au sein du peuple et même devienne à une époque le seul culte autorisé.

Après des millénaires de domination par l’Ordre In Ecclesia Veritas appliquant une doctrine intolérante vis à vis des autres cultes les fidèles du culte de l’Unique sont aujourd’hui divisés en deux branches :

  • D’un coté, l’Ordre du Rassemblement et celui de la Sainte Charité considèrent que l’Unique est le fondateur du monde et que les autres dieux sont une facette de l’Unique. C’est en tous cas ce que l’Unique aurait révélé à une assistance de prêtres de multiples confessions du monde déclarant que ce sont les prières qui donnent aux dieux leurs pouvoirs. Et que les autres dieux sont nés de ces prières. Ils existent donc, mais puisqu’ils participent à un ensemble, le monde, dont il est le Créateur, ils peuvent être perçus comme une facette de l’Unique adaptée aux fidèles.
    L’Unique est vu comme un arbre, dont les dieux sont différentes branches qui donnent chacune un fruit différent.

  • De l’autre, l’Ordre In Ecclesia Veritas et l’Eglise Véritable considèrent que l’Unique en tant que Créateur est le seul dieu qui mérite d’être prié et honoré. L’Unique donne le libre arbitre, de le prier ou non, parce qu’il est bon mais également afin de tester la fidélité de ses créatures. Il leur laisse ainsi la liberté de mettre fin à son existence en cessant de prier pour lui.
    L’Ordre In Ecclesia Veritas combat donc les autres religions et vise à faire en sorte qu’il n’y ai plus au monde que des croyants de l’Unique. Pour cela elle combat tout ce qui n’est ni humain ni fidèle de l’Unique, puisque tous ceux qui ne prient pas l’Unique contribuent à l’affaiblir au lieu de participer à sa grandeur. Combattre les infidèles ce n’est pas combattre ce libre-arbitre mais les ramener vers la voie du salut en payant de leur vie pour leur péché.

Durant deux millénaires l’Unique n’est pas apparu à ses fidèles d’un coté comme de l’autre ce sont les divisions qui l’ont empêché d’apparaître, mais chacun interprète différemment son message. Certains déclarent que son message est de dire que tous les cultes doivent être traités avec respect, d’autres disent qu’il a affirmé sa suprématie sur les autres dieux, en tant que dieu Créateur du Monde et que c’est maintenant aux hommes de faire le choix de l’honorer en détruisant les autres cultes.
L’Unique aurait d’ailleurs déclaré qu’il ne condamnait pas les guerres car elles sont parfois nécessaires pour redécouvrir la paix, le respect, l’unité.

Pour les partisans de l’Eglise Véritable, cette non condamnation des guerres menées jusque là par l’Eglise contre les infidèles est la preuve que sans vouloir porter atteinte au libre-arbitre des hommes, l’Unique soutient leur combat pour qu’il redevienne le seul et unique dieu.

Pour les membres des autres cultes, qui s’opposent farouchement à l’Unique, c’est également la preuve qu’il n’est qu’un dieu parmi d’autres, dont la seule qualité est d’avoir créé le monde, mais qui au final n’est pas au dessus des autres dieux et que c’est pour cela qu’il ne condamne pas ces crimes. Non parce qu’il prône le libre-arbitre, mais parce que son intérêt est de retrouver une position dominante sur tous les dieux. Et que c’est aussi pour ça qu’il n’a put apparaître au monde que dès lors que les prêtres de tous les dieux se sont mit à l’invoquer, à l’appeler.
Si on cesse de l’invoquer, de croire en lui, il cessera d’exister et il ne sera qu’une ligne dans les livres d’Histoire ou tout au plus un dieu mineur comparé aux autres, comme c’était le cas avant l’avènement de l’Empire.

Ce ne fut en effet qu’avec l’avènement de l’Empire et le concile des 40, réunissant 40 prêtres principalement originaires de Ksach et d’Altérak, que le culte de l’Unique a connu un essor jusqu’à devenir prépondérant. A l’origine les prêtres de l’Unique n’avaient même pas de pouvoirs magiques contrairement aux autres prêtres.
Il n’y avait à l’époque ni organisation ni structure hiérarchique.
Ceci explique peut-être pourquoi l’Eglise Véritable tient tant à conserver la main mise sur la religion dans l’Empire et à combattre les autres cultes, ou pourquoi durant des siècles ceux qui prônaient une certaine tolérance étaient pourchassés.

Pour certains peuples, le dieu créateur du monde a disparu en lui donnant naissance, le jour où il redeviendra Unique, et donc où tous les autres dieux auront disparus alors une nouvelle genèse aura lieu entraînant donc auparavant la destruction du monde connu.

Certains voient son apparition lors de la réunion de Treffynnon, quand il fut invoqué par les prêtres de tous les cultes, comme un « rappel à la vie » et l’amorcement de cette apocalypse. En ayant « unis » les cultes pour l’appeler, ils ont redonné forme à l’Unique qui jusque là était un dieu perdu dans l’au-delà incapable d’apparaître à ses croyants contrairement aux autres dieux.

Les croyants de l’Unique se nomment fils et filles de l’Unique lorsqu’ils parlent d’eux, et appellent leurs frères « martyrs » à cause des crimes supposés contre les croyants commis par ceux des autres cultes.

CONSTITUTION DE L’EGLISE (2017) :

 

SAINTES ECRITURES DE L’UNIQUE :

La Genèse :

A l’origine il n’y a avait que moi, conscience seule et universelle flottant dans le néant de l’infini sans âge. L’univers était alors vide et moi, L’Unique, seul. La solitude est sœur de la tristesse et toutes les nuits je versais des larmes, ainsi naquirent les étoiles. Pour ne plus être seul, j’ai alors décidé de créer un peuple à mon image.
De mon cœur je fis naître le continent de Tanissie, le sang qui coula de cette blessure forma les mers et les océans. Puis je créa la vie, je fis des hommes et des femmes aux allures différentes, des animaux, des plantes, et à partir d’un peu de terre et avec beaucoup de volonté je leur insuffla la vie mais me refusa à forger leur âme. Pour cela je leur donna le libre-arbitre.
Épuisé par tant d’efforts je m’endormis, exsangue, vide de toute énergie, et sombra dans l’au-delà. Je ne pouvais plus communiquer avec mes enfants qu’à travers leurs prières, lorsque leur esprit entre en contact avec le monde de l’intangible, avec ce qui est mais ne se voit pas, ce qui fait mais ne se ressent pas.
Hélas mes enfants se querellèrent bien vite et se divisèrent, s’affrontèrent, avides de pouvoir, se détournant des chemins de la paix et de l’amour. Ceci brisa mon cœur et c’est ainsi que le continent se divisa.
Mes enfants se multiplièrent et prospérèrent, mais la cruauté de certains en firent des monstres. Tandis que j’avais espéré un monde de paix et d’amour, mes enfants se disputèrent pour la terre, l’or et le pouvoir ou simplement pour faire le mal. L’ego de certains de mes enfants devint tellement démesuré, leur soif de richesse était si grande que leur corps se transforma, pour assouvir leurs pulsions. Mais ils furent rejetés de ceux de mes enfants qu’ils cherchaient à asservir et dont ils voulaient dérober les trésors.
Pour expliquer ce qu’ils ne purent comprendre, expliquer les bouleversements de la nature, la diversité des peuples ou l’existence des monstres, mes enfants se créèrent des Dieux. Rares sont ceux qui dans leurs songes me restèrent fidèles et entendirent ma voix mais à aucun moment je me refusa de leur ôter le don le plus précieux que je leur avais donné, le libre-arbitre. Car c’est par leur libre-arbitre et les choix qu’ils font que mes enfants peuvent arriver à me rejoindre dans le monde de l’intangible ou sombrer dans le néant et l’oubli. Car le monde de l’intangible n’est que la somme de nos âmes réunies en un tout auquel elles croient, leur foi donnant vie en la vérité qui est la leur.

Lettre de Yugonoul aux Seigneurs de la guerre :

Seigneurs, alors que nous nous combattons les uns les autres tandis que nos ennemis profitent de nos divisions pour mettre un terme à notre existence, l’Unique m’est apparut. Le créateur de toutes choses est venu à moi en songe après que j’eusse passé sept jours et sept nuits à le prier avec une grande ferveur, sans manger ni boire et me mortifiant afin que mes sacrifices m’amènent à lui. En pleine transe mystique je tomba dans un profond sommeil et je me senti entouré par l’obscurité. Alors une lumière m’apparut puis j’entendis une voix.
L’Unique me parla : il se révéla à moi et me demanda de prendre le contrôle des armées de tous les seigneurs, y compris celles de nos ennemis Elfes et Nains, afin de lutter contre notre véritable et seule ennemie, la Secte des Origines.

L’Unique est Union, la division est le chaos. Nous devons cesser nos divisions et bâtir un monde de paix. Suivez le chemin qu’a tracé pour nous l’Unique, rejoignez ma bannière ! Que tous, quelque soit leur origine, leur âge, leur force, leurs certitudes, servent la même cause, celle de la paix. En échange de la promesse de la victoire, l’Unique me confit la mission de fonder une dynastie qui régnera sur un empire continental garant de l’ordre et de la stabilité pour tous les peuples.

Gloire à l’Unique! Vive Altérak! Vive l’Empire de Tannissie !

Épître de Saint Edonis aux martyrs :

Saint Edonis, martyrisé par un hérétique qui lui a tranché la main pour avoir tenté d’arracher des bijoux blasphématoires à une idole païenne en l’an 740 après la naissance de l’Empire.

Moi Edonis, fils de l’Unique, je m’adresse à vous, les enfants de l’Unique qui êtes tentés de servir d’autres dieux.
Que la vérité, la paix et l’amour vous soient accordés en abondance. Mes bien-aimés, j’étais bien décidé à vous écrire au sujet du salut qui nous est commun ; or me voici forcé de vous écrire pour vous exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux fidèles, une fois pour toutes, une foi pour tous. Car il s’est infiltré parmi vous des individus que l’écriture condamne depuis longtemps pour ce qu’ils font, des impies qui en priant des dieux anciens leur donne leur force et affaiblissent l’Unique. Détruisons les idoles et confisquons les offrandes qui leur sont adressées pour bâtir de nouvelles églises et développer la foi.

Bien que vous sachiez déjà tout, je veux vous rappeler ceci : l’Unique, qui a déjà sauvé une fois les peuples de leur ennemi, ne peut exister si nous n’existons pas pour lui. Aussi nos prières doivent aller vers lui afin que sa force nous protège, car quiconque se détourne de l’Unique se détourne de ses frères.

L’Unique est Union, la Division est Chaos.

Épître de Sainte Maïté aux martyrs :

Sainte Maïté, fille de l’Unique aux martyrs. Martyrisée par une horde d’elfes sauvage à qui elle était venue apporter la foi en l’an 1350 après la Naissance de l’Empire.

Soyez bénis mes frères vous qui partagez avec moi la lumière de la foi en l’Unique. En vérité, en vérité je vous le dis, ne cédez pas à la tentation de suivre ceux qui ne sont pas comme vous dans leurs cultes de dieux obscurs qui vous éloignent de la foi véritable. Ils se sont construits de faux dieux par jalousie et leur insuffle la vie par leurs prières, mais ce ne sont là que des reflets de leur propres aspirations et leur imagination. Tous ne sont que des facettes différentes de notre dieu, le seul, l’Unique. Tel qui croit prier un dieu pour réussir un ouvrage prie en réalité un des visages de l’Unique, tel qui croit prier pour être en sécurité prie en réalité un des visages de l’Unique. Mais leurs voix se perdent, leurs prières s’égarent car au lieu de s’adresser à l’Unique, ils s’adressent à des idoles, leur donnant un pouvoir qui affaiblit l’Unique car s’ils ne le prient pas celui-ci ne peut les entendre, l’Unique est un, il ne peut être dissocié en une multitude d’identités différentes.
Si nous laissons faire, un jour plus personne ne priera l’Unique, tous prieront des dieux différents.
L’Unique m’est apparu en songe après un long jeûne et de ferventes prièrent, sa voix était très lointaine, et je peinais à l’entendre distinctement. Mais après de nombreux efforts et une grande attention j’ai put entendre sa Divine Parole.

« Ne vous divisez pas, ne vous querellez pas, je suis avec vous, je veille sur tous mes enfants qui me prient et s’adressent à moi pour que je les sauve, quels qu’ils soient. Alors avec humilité je vous le demande, ne vous divisez pas, car plus vous vous éloignez de moi et moins je peux vous entendre. C’est la prière que je vous adresse. »

Son message me parait clair mes frères, nous ne devons laisser la division gagner les peuples, nous ne devons laisser les malveillants nous éloigner de l’Unique et nous devons redoubler de ferveur pour qu’il sauve nos âmes. Et quoi de mieux pour cela que de montrer notre dévotion en combattant les hérétiques car plus ils soignent et nous éloignent, de l’Unique, moins il pourra nous entendre et donc nous sauver.

Prenons les armes, et allons brûler ce village d’elfes dans la forêt. Mais avant cela mangeons, mais par pitié ne mettez pas trop de sel sur la viande, c’est mauvais pour la santé.

Epitre de Sainte Winifred aux martyrs :

Winifred, fille de l’Unique, aux martyrs. Martyrisée par un hérétique en 1414 pour être tomber amoureuse d’un hérétique qu’elle tenta d’amener à la vraie foi, elle fut décapitée.

Ne voyez qu’un sujet de joie, mes frères, dans les épreuves de toute sorte qui s’abattent sur vos épaules, sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience. Mais que la patience soit accompagnée d’œuvres parfaites, afin que vous soyez parfaits et accomplis, ne laissant à désirer en rien.
Si la sagesse fait défaut à l’un d’entre vous, qu’il la demande à l’Unique, lequel donne à tous simplement, sans rien reprocher ; et elle lui sera donnée. Mais qu’il demande avec une foi intense et sans hésitation, car seule une foi ardente comme le feu permet à l’Unique de se révéler. Efforcez-vous de mettre cela en pratique et ne vous contentez pas de l’écouter en vous abusant vous-mêmes par de faux raisonnements. Car, si quelqu’un écoute la parole et ne l’observe pas, il est semblable à un homme qui regarde dans un miroir le visage qu’il tient de la nature. Si quelqu’un s’imagine être pieux sans mettre un frein à sa langue, il s’abuse lui-même et sa religion est vaine ; et c’est ainsi qu’il peut sombrer dans les abîmes des faux dieux qui se nourrissent de votre âme, retirant ainsi sa vigueur à l’Unique.

La religion pure et sans tache devant L’Unique n’est pas autre que d’avoir soin des orphelins et des veuves dans leur détresse et de se préserver des souillures de ce monde.